Sepsis post abortif compliqué de méningo-encéphalite à Escherichia coli chez une patiente VIH-négative au service d’infectiologie du centre hospitalier universitaire Point G de Bamako
- Jaccr Infectiology , 4 (3) : 14-18
Résumé
Le bacille Escherichia coli, flore intestinale humaine facultative, devient de plus en plus pathogène et multirésistant entraînant des infections graves. Nous rapportons ici un cas de sepsis post abortif compliqué de méningo-encéphalite à Escherichia coli chez une patiente apparemment immunocompétente. Il s'agit d'une patiente âgée de 32 ans, cultivatrice en provenance de Kourémalé (Guinée), admise dans le service d'infectiologie du CHU Point G de Bamako le 08 juin 2022 pour fièvre et altération de la conscience. Sa symptomatologie serait d'installation progressive en dix jours, précédée de fièvre permanente, céphalée en casque et vomissements en jet, survenant sept jours après une révision utérine dans un contexte post abortif spontané et initialement traitée à base de ceftriaxone et métronidazole en injection. Elle n'a pas d'antécédent pathologique connu. L'examen physique avait retrouvé une fièvre à 39 °C, un qSOFA à 2, un syndrome méningé et un syndrome pyramidal. Escherichia coli isolé dans le liquide cérébrospinal, le sang et le prélèvement vaginal était multirésistant. Elle est VIH-négative et avait un taux de CD4 à 850 cellules/mm³. Le diagnostic de sepsis à porte d'entrée génitale compliqué de méningo-encéphalite à Escherichia coli a alors été retenu et elle a été mise sous méropenem pendant 21 jours. Son évolution clinique est favorable dès le quinzième jour du traitement au méropenem. Ce cas clinique met en exergue le pouvoir pathogène sévère qu'ont certaines souches d' Escherichia coli chez un sujet quel que soit son statut immunitaire et le risque infectieux grave que courent les femmes enceintes, interpellant ainsi les praticiens dans l'observance de l'asepsie au cours des soins.
Mots-clés
Escherichia coli, Méningo-encéphalite, Sepsis