Le cauri, un coquillage plurifonctionnel dans le paysage économique et socioculturel voltaïque du XIXe au XXe siècle
- LES CAHIERS DU CENTRE AFRICAIN DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE, DE FORMATION ET D’INNOVATION (CARESFI) Volume 4 - n° 03 - Octobre 2025 , 7 (03) : 507-528
Résumé
Le cauri est l’une des plus anciennes monnaies connues et usitées en Afrique. Il est la monnaie la plus répandue en Afrique avant la colonisation et, aujourd’hui, celle la plus intégrée dans les pratiques socioculturelles africaines. Ce constat nous amène à nous interroger sur les facteurs de son abandon et de l’attachement des Africains en général, et des Voltaïques à ce coquillage aux origines mythiques dans l’imaginaires des populations.
L’objectif du présent article est d’analyser la place des cauris dans le paysage socioculturel voltaïque. Il s’agit essentiellement d’évoquer les facteurs de son rejet par le pouvoir colonial français d’une part, et d’autre part, la forte résilience dont a fait preuve cette monnaie qui, loin de disparaitre s’est taillée une place de choix dans les pratiques sociales et culturelles.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons accordé une place centrale aux sources écrites dans notre recherche documentaire. Toutefois, des sources orales sont également mises à contribution grâce à des entretiens réalisés auprès des personnes ressources à Ouagadougou, à Koudougou, à Gaoua ou encore à Bobo Dioulasso.
Ces sources explorées montrent que les cauris étaient une monnaie acceptée et appréciée des voltaïques pour leurs qualités. Le Pouvoir colonial, à son tour, les adopta dans un premier temps avant de les rejeter pour des raisons économiques et politiques. Il passa par des moyens aussi bien pacifiques que violentes pour dépouiller le coquillage précieux de sa valeur économique. Mais ce dernier retrouva d’autres valeurs qui suscitent toujours son admiration et son intégration dans les pratiques socioculturelles.
Pour une meilleure compréhension des résultats obtenus, se déploie autour de deux principaux axes. Le premier analyse les facteurs du rejet des cauris comme monnaie par le pouvoir colonial voltaïque et le second aborde les différents usages qui permettent aux cauris de garder toujours une certaine valeur dans l’esprit du Voltaïque.
Mots-clés
cauris, culturel, économie, Haute-Volta, intégration